Île Maurice : la dentition d’un cochon marron interroge les opérateurs de chasse locale
Un prélèvement de cochon marron à l’île Maurice attire l’attention bien au-delà du cercle des chasseurs. Lionel Paul Berthault, guide de chasse exerçant depuis 23 ans sur l’île, a transmis à Chassons.com des photographies d’un animal abattu par l’un de ses clients et présentant une anomalie rare : il ne lui restait que sept dents, alors que la formule dentaire de Sus scrofa, l’espèce à laquelle appartiennent ces suidés, en compte normalement 44 chez l’adulte, réparties entre incisives, canines, prémolaires et molaires.
Pour un professionnel dont l’activité repose sur l’organisation de chasses pour une clientèle de passage, un tel cas constitue aussi une curiosité commerciale. Berthault affirme n’avoir jamais observé de dentition aussi dégradée en plus de deux décennies de métier. Ce prélèvement prend donc une valeur d’anecdote peu commune dans le secteur du tourisme cynégétique mauricien.
L’explication la plus probable tient à l’âge de l’animal. Chez les suidés, l’usure dentaire s’accentue avec les années, mais la perte d’une telle proportion de la dentition reste spectaculaire. Dans un milieu naturel, cet état peut compromettre sérieusement la capacité de l’animal à se nourrir. Les images transmises par le guide montrent, selon lui, à quel point certains cochons marron peuvent atteindre un âge avancé dans leur environnement.
Ce dossier éclaire aussi l’histoire économique de l’espèce sur l’île. Les cochons marron, dont le nom signifie simplement « sauvage » dans le vocabulaire local, sont des croisements entre de petits sangliers et des porcs domestiques retournés à l’état sauvage. Selon les autorités mauriciennes, une sous-espèce de sanglier originaire d’Indonésie aurait été introduite sur l’île aux alentours de 1630, notamment par les Hollandais, dans le sillage des activités humaines de l’époque. Ces animaux se sont ensuite établis dans les milieux naturels, se sont croisés avec des porcs domestiques et sont aujourd’hui classés comme espèce introduite. Ils appartiennent à la même espèce que le sanglier européen, ce qui explique la similitude de leur dentition théorique de 44 dents.
Cette origine coloniale et cette hybridation continue font de l’animal une ressource particulière pour les guides et opérateurs de chasse de l’île, dont l’offre s’appuie sur un gibier abondant et non indigène. La découverte de Berthault illustre le potentiel d’anecdotes rares que ces professionnels peuvent valoriser auprès de leurs clients et des médias spécialisés.
Chassons.com lance d’ailleurs un appel à témoignages à ses lecteurs. Le site souhaite recueillir les récits et photographies de chasseurs qui auraient déjà observé, en France ou ailleurs, un sanglier présentant une dentition fortement usée ou incomplète. Les circonstances de ces découvertes intéressent la rédaction, qui voit dans ce cas mauricien l’occasion d’élargir la documentation sur un phénomène peu décrit.
Pour les passionnés de grands suidés, ce vieux cochon marron aux sept dents restera une rencontre mémorable, et une preuve photographique que la longévité dans le milieu naturel peut dépasser ce que l’usure du temps laisse habituellement deviner. La vidéo du prélèvement, jugée assez étonnante, complète ce dossier insolite qui fait déjà parler les amateurs du secteur. D’autres témoignages permettront-ils un jour de savoir si de tels spécimens à la dentition réduite sont plus fréquents qu’on ne le croit ?