Kretz Real Estate, réseau immobilier longtemps dépourvu d’agences physiques et bâti sur des mandataires et le marketing digital, poursuit son déploiement avec une implantation à La Réunion, dans l’océan Indien. Cette extension s’inscrit dans la continuité d’un modèle de franchise lancé en mars, dont les premières ouvertures ont eu lieu à Bruxelles et sur l’Île Maurice. Début octobre, la société genevoise Félicité & Cie et le groupe ont annoncé un partenariat pour la Suisse, qui devient le troisième pays, hors de France, où le groupe passe par une franchise. L’objectif affiché est de cinq franchises en 2026.
La gouvernance de ce nouveau territoire revient à un entrepreneur local. Thomas Laurent, qui compte plus d’une décennie d’expérience dans l’immobilier et vit sur l’île depuis plus de deux décennies, prend les commandes de l’activité réunionnaise. Il voit dans cette arrivée un moyen de faire valoir l’identité réunionnaise auprès de clients en quête d’un accompagnement professionnel.
La ligne retenue pour cette activité a été précisée par la direction du groupe. « Avec Thomas Laurent, nous voulons proposer une approche de l’immobilier de luxe qui reste locale dans son incarnation et internationale dans son rayonnement », explique Alexandre Bruneau, directeur général de Kretz Real Estate.
Le périmètre de l’offre est défini avec précision. Elle s’adressera aux investisseurs, aux acquéreurs et aux vendeurs, avec un accompagnement que le groupe présente comme confidentiel. Thomas Laurent présentera aux acquéreurs des biens présélectionnés et aidera les propriétaires à valoriser les leurs, avec l’appui des équipes du groupe. L’implantation accordera une attention particulière aux secteurs de montagne préservés, ainsi qu’aux biens en première ligne ou proches du lagon.
Sur le plan du marché, le groupe situe le budget moyen d’un achat autour d’un million d’euros. Selon Kretz Real Estate, la demande reste soutenue sur l’île, mais les secteurs les plus convoités offrent peu de biens. Les acquéreurs se tournent vers la côte ouest, de Saint-Gilles-les-Bains à Saint-Leu, pour son climat et son lagon. Ils y recherchent principalement des propriétés créoles, des maisons d’architecte, des villas et des appartements de standing donnant sur l’océan. Dans l’est, plus vert, l’attrait tient surtout au cadre naturel.
Le cadre réglementaire apparaît comme un facteur déterminant de la structuration de ce marché. Le groupe indique que le prix au mètre carré dépend des règles d’urbanisme, de la vue et de la commune. Ces règles limitent par endroits les possibilités de construire, ce qui pèse directement sur l’offre disponible dans les secteurs les plus recherchés. Les villas les mieux placées, en bord de plage ou près du lagon, peuvent se vendre jusqu’à environ 2 millions d’euros, et le groupe estime que très peu de biens de cette catégorie sont en vente sur la côte ouest.
La demande, toujours selon le groupe, émane d’acheteurs suisses, allemands et britanniques, comme de Réunionnais et de résidents de métropole.
Le déploiement s’appuie sur des résultats que le groupe communique avec une distinction comptable soignée. Kretz affirme avoir vendu pour plus de 500 millions d’euros de biens en 2025, à travers 250 transactions. Ce volume d’affaires est distinct du chiffre d’affaires, que le groupe garde confidentiel, une précision qui souligne les limites de la transparence financière autour de cette expansion.
Reste la question du calendrier institutionnel. Le groupe, longtemps sans agence physique, a inauguré début 2026 un flagship rue du Bac, à Paris, marquant une étape dans la formalisation d’un réseau qui repose désormais sur une architecture de franchises encadrées contractuellement, dont La Réunion constitue le prolongement dans l’océan Indien. L’objectif de cinq franchises en 2026 sera-t-il tenu, et avec quelle transparence sur les résultats réels de chacune ?